La réponse d’Amel Bent à Marine Le Pen fait énormément réagir
La réponse d’Amel Bent à Marine Le Pen fait énormément réagir

Le 6 janvier 2026, sur le plateau de l’émission C à vous sur France 5, Amel Bent a créé l’événement. Invitée pour promouvoir son actualité artistique, la chanteuse franco-algérienne s’est retrouvée, par le biais d’un jeu humoristique sur « la théorie des six degrés de séparation », directement liée à Marine Le Pen. La réplique cash et inattendue de l’artiste – « Une petite chorba ? » – a fait exploser de rire le plateau et enflamme depuis les réseaux sociaux, les médias et le débat public. Cette sortie, perçue comme une pique légère mais symbolique, intervient quelques jours après les attaques virulentes de Marine Le Pen contre Ursula von der Leyen, qualifiée de « Bà Ursula Makeover ».
Ce moment télévisé, d’apparence anecdotique, révèle une fois de plus les fractures profondes de la société française sur les questions d’identité, d’immigration et de représentation des Français issus de l’immigration.
Le contexte de la séquence
Bertrand Chameroy, connu pour ses chroniques décalées, animait une séquence légère sur la théorie selon laquelle tout individu est relié à n’importe quelle personne dans le monde par une chaîne de six intermédiaires maximum. Après un enchaînement humoristique et quelque peu provocateur, il lance à Amel Bent : « Amel, vous êtes à cinq louches de Marine Le Pen ! Qu’est-ce que vous lui diriez si vous la rencontriez ? »
Sans se démonter, avec un grand sourire et un ton espiègle, Amel Bent répond du tac au tac : « Une petite chorba ? ». La référence à la chorba, soupe traditionnelle maghrébine populaire en France, a immédiatement déclenché un fou rire général sur le plateau. La formule, à la fois drôle, culturelle et désacralisante, a été interprétée par beaucoup comme une façon élégante et ironique de renvoyer Marine Le Pen à une certaine vision essentialiste de l’identité française, tout en assumant fièrement ses racines.
Une réponse qui divise et fait le buzz
Depuis sa diffusion, la vidéo de l’intervention d’Amel Bent cumule des millions de vues sur les réseaux. Les réactions sont extrêmement polarisées :
- Du côté des soutiens de la chanteuse : On salue une réplique « intelligente », « pleine d’humour » et « qui renverse les stéréotypes ». Beaucoup de jeunes issus de la diversité y voient une façon positive de revendiquer une double culture sans agressivité. Amel Bent incarne pour eux la France métissée, talentueuse et intégrée, qui refuse d’être assignée à une case par le discours souverainiste.
- Du côté des sympathisants du Rassemblement National : La sortie est perçue comme une provocation gratuite et une confirmation des critiques de Marine Le Pen sur le communautarisme. Certains accusent Amel Bent de « faire de la politique » alors qu’elle est invitée pour parler de musique ou de cinéma, et de réduire le débat à une caricature culinaire.
- Chez les observateurs neutres : On note la puissance des moments télévisés viraux dans la vie politique française. Une simple phrase peut cristalliser des débats sociétaux bien plus larges.
Marine Le Pen elle-même n’a pas tardé à réagir indirectement via ses proches ou sur les réseaux, dénonçant une nouvelle fois « l’élite culturelle parisienne » déconnectée des réalités des classes populaires françaises.
Amel Bent : une artiste engagée
Amel Bent n’en est pas à son premier coup d’éclat. La chanteuse, révélée au début des années 2000 avec des tubes comme Ma philosophie, a souvent pris position sur les questions sociales. Issue d’une famille algérienne, elle a régulièrement défendu une vision inclusive de la France tout en revendiquant son attachement à la République et à ses valeurs.
En 2021, elle avait déjà participé à une reprise engagée du titre Marine de Diam’s avec Camélia Jordana et Vitaa, perçu comme un message anti-RN. Son parcours incarne pour beaucoup le succès de l’intégration par la culture, mais aussi les tensions persistantes autour de l’identité nationale.
Dans l’émission, Amel Bent n’a pas fait que plaisanter. Elle a également rappelé, avec émotion, son amour pour la France et sa volonté de voir le pays unir plutôt que diviser. « La chorba, c’est bon pour tout le monde », a-t-elle ajouté avec le sourire, transformant la pique en message d’ouverture.
Réactions politiques et médiatiques
La polémique a rapidement dépassé le cercle artistique :
- Du côté macroniste et de la gauche : On félicite Amel Bent pour avoir « humanisé » le débat et ridiculisé les attaques identitaires.
- À l’extrême droite : On accuse les médias « de gauche » de donner une tribune à des artistes « militants » pour discréditer Marine Le Pen.
- Les éditorialistes soulignent que ce type d’échange illustre la « guerre culturelle » qui traverse la France à l’approche des échéances électorales.
Ursula von der Leyen, cible initiale de Marine Le Pen, n’a pas commenté directement, mais l’épisode renforce l’image d’une Commission européenne perçue par ses détracteurs comme trop « woke » et déconnectée, tandis que les défenseurs de l’Europe y voient une attaque populiste stérile.
Enjeux plus larges
Cette affaire dépasse largement la personnalité d’Amel Bent ou de Marine Le Pen. Elle pose la question de la place des artistes dans le débat public, de la représentation des minorités visibles en France, et de la capacité du pays à gérer sa diversité dans un contexte de crispation identitaire.
D’un côté, le discours de Marine Le Pen sur la souveraineté, les frontières et la préservation de l’identité française trouve un écho chez ceux qui se sentent menacés par les changements démographiques et culturels. De l’autre, des figures comme Amel Bent symbolisent une France ouverte, créative et fière de son métissage.
Les sondages récents montrent que ces questions restent hautement clivantes. Le Rassemblement National continue de capitaliser sur les inquiétudes liées à l’immigration et à l’islam, tandis qu’une partie de la société culturelle et médiatique défend une vision inclusive parfois accusée de naïveté ou de déni.
Conclusion : un miroir de la France d’aujourd’hui
La réplique « Une petite chorba ? » d’Amel Bent restera sans doute comme l’un des moments marquants de cette rentrée médiatique. Légère en apparence, elle touche à des sujets lourds : qui est français ? Qu’est-ce que l’identité nationale au XXIe siècle ? Peut-on rire de tout ou certains sujets sont-ils trop sensibles ?
En attendant, Amel Bent continue sa carrière, Marine Le Pen prépare ses prochaines batailles politiques, et les Français, eux, continuent de débattre, souvent avec passion et parfois avec humour. Ce face-à-face indirect entre l’artiste et la politicienne montre que la culture et la politique sont plus que jamais entremêlées dans une France en pleine redéfinition.








