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Après presque cent jours à la tête de la mairie, l’allié de Marine Le Pen entend faire de son action un exemple pour la France.

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Après presque cent jours à la tête de la mairie, l’allié de Marine Le Pen entend faire de son action un exemple pour la France. À Nice, même l’opposition se laisse convaincre. Ce titre, paru récemment dans Paris Match, résume le début de mandat surprenant d’Éric Ciotti à la tête de la cinquième ville de France. Élu le 22 mars 2026 face à son rival historique Christian Estrosi, le président de l’Union des droites pour la République (UDR) transforme déjà Nice en laboratoire des idées qu’il défend depuis des années aux côtés du Rassemblement National (RN). Sécurité, baisse des impôts, réarmement policier et pragmatisme local : le bilan intermédiaire séduit au-delà de son camp.

Une victoire historique et une prise de fonction musclée

Éric Ciotti n’est pas un novice. Député des Alpes-Maritimes depuis 2007, ancien président des Républicains, il a franchi le Rubicon en 2024 en scellant une alliance avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Cette union des droites, qualifiée de « séisme » à l’époque, lui a permis de ravir Nice à Christian Estrosi, maire sortant Horizons, après une campagne tendue. Au second tour, Ciotti l’a emporté avec environ 48,5 % des voix contre 37 % pour Estrosi et un peu plus de 14 % pour la candidate de gauche Juliette Chesnel-Le Roux. Nice devenait ainsi la plus grande ville dirigée par un allié assumé de l’extrême droite.

Dès son installation, le nouveau maire a imposé un rythme soutenu. Priorité absolue : la sécurité. « Il a remis du bleu dans la rue », saluent même certains élus d’opposition. Ciotti a annoncé un plan ambitieux de recrutement de 200 policiers municipaux, avec des primes de logement et des salaires parmi les plus élevés de France. Des commissariats de quartier ont été renforcés ou ouverts dans les secteurs sensibles. Les premières statistiques, après trois mois, font état d’une baisse sensible des violences urbaines et des incivilités dans le centre et les quartiers nord. Des caméras supplémentaires et une collaboration accrue avec la police nationale complètent le dispositif.

Sur le plan budgétaire, Ciotti applique la doctrine qu’il martèle au niveau national : maîtrise des dépenses et allègement fiscal. Il a promis et commencé à mettre en œuvre des baisses d’impôts locaux, tout en rationalisant certains budgets jugés « superflus » par son équipe (subventions associatives jugées trop militantes ou projets jugés « woke »). Les premiers arbitrages budgétaires ont été votés avec une relative sérénité au conseil municipal, où l’UDR et ses alliés RN disposent d’une majorité confortable.

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Une méthode qui convainc l’opposition

Le plus étonnant dans ce début de mandat reste sans doute la réaction de l’opposition. Christian Estrosi, battu et retiré en partie de la vie politique locale, a reconnu publiquement certains aspects positifs de l’action de son successeur, notamment sur la sécurité. Des élus socialistes ou écologistes modérés admettent en off que « sur la sécurité et la propreté, ça bouge ». Même la gauche niçoise, traditionnellement très critique, concède que les premiers résultats sur la tranquillité publique sont visibles.

Cette capacité à rassembler au-delà des clivages tient à plusieurs facteurs. D’abord, le style Ciotti : un élu de terrain, proche des Niçois, qui multiplie les visites de quartier et les réunions de proximité. Ensuite, le contexte azuréen : Nice, ville touristique et frontalière, souffrait depuis des années d’insécurité et de trafics. Les habitants, y compris dans les quartiers populaires, plébiscitent les mesures répressives et préventives. Enfin, Ciotti cultive une image de gestionnaire pragmatique plutôt que d’idéologue, ce qui lui permet de faire passer des idées RN sans en porter tous les stigmates.

Nice comme vitrine nationale

Le maire voit plus loin. Pour lui, Nice n’est pas une fin en soi, mais un laboratoire. « Ce que je fais à Nice, c’est ce pour quoi je me bats au plan national : la baisse des impôts, la baisse des dépenses, le réarmement de la police municipale », déclarait-il récemment. À l’approche de la présidentielle de 2027, cette expérimentation locale sert de démonstration. Jordan Bardella et Marine Le Pen suivent de près les résultats, prêts à les brandir comme preuve que leurs idées fonctionnent quand elles sont appliquées concrètement.

Parmi les chantiers en cours : la lutte contre l’immigration irrégulière (contrôles renforcés avec la préfecture), la valorisation du patrimoine niçois, le soutien au tourisme et à l’économie locale, et une politique de « bon sens » sur l’urbanisme et l’environnement (avec, par exemple, des positions prudentes sur la climatisation généralisée face aux canicules). Des critiques émergent néanmoins, notamment sur les questions écologiques ou sociales, où certains voient un « retour en arrière ». Mais pour l’heure, la popularité locale semble tenir.

Un pari risqué mais payant ?

Éric Ciotti reste un personnage clivant au niveau national. Son alliance avec le RN lui a valu de nombreuses inimitiés à droite, mais lui a ouvert les portes du pouvoir local. À Nice, il bénéficie d’une certaine lune de miel. Les Niçois jugent d’abord sur les résultats concrets : rues plus sûres, propreté améliorée, impôts maîtrisés. Si ce bilan se confirme d’ici la fin de l’année, Ciotti pourrait devenir un atout majeur pour la droite nationale unie.

Cent jours ne font pas un mandat, et les défis restent nombreux : finances locales tendues, pression touristique, cohabitation avec l’État. Pourtant, l’ancien « apprenti sorcier » de l’union des droites semble, pour l’instant, réussir son pari. À Nice, la méthode Ciotti convainc. Reste à savoir si elle pourra inspirer la France entière.

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